Réjeanne Pourquoi s’épile-t-on ?
Lingerie — 21 juin 2019

Pourquoi s’épile-t-on ?

D’après un sondage Glossybox de 2017, 78,5% des Françaises sont contre le retour des aisselles non épilées. Alors que le poil masculin est perçu comme viril, la société en fait sur les femmes quelque chose de vulgaire, sale et repoussant.

Comment peut-on développer une image positive de soi quand notre corps laissé au naturel est vu comme dégoutant ?

D’où vient cette idée d’épilation féminine ?

Déjà dans les années 4000 av. J.-C., les femmes utilisaient de l’arsenic et d’autres substances dangereuses pour s’épiler. Cela permettait d’éviter la propagation de maladies ou de bébêtes nuisibles tels que les poux. Les Égyptiens s’épilaient également, eux pour des raisons purement esthétiques, hommes comme femmes, de la tête au pied.

Depuis l’époque moderne, la pratique de l’épilation s’est répandue plus largement dans toutes les sociétés, et d’autant plus depuis les « années folles » après la Première Guerre mondiale. Cette période correspond à l’émancipation des femmes et s’est accompagnée de la libération de son corps. La mode et les dogmes qui dictaient que les femmes devaient être couvertes des poignets aux chevilles a évolué. En très peu de temps, la question des poils qui n’étaient pas exposés auparavant est devenue un vrai débat.

Avec l’apparition de l’industrie de l’épilation florissante, mais aussi de la pornographie facile d’accès, le poil est devenu un vrai fléau, symbole de négligence de soi.

La preuve ? La commercialisation de produits épilatoires, l’ouverture de « salons de beauté » pour aller se faire épiler, jusqu’à de nouvelles technologies tel que l’épilation définitive au laser.

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C’est quoi le problème avec l’épilation ?

Dès l’adolescence, les jeunes filles se préoccupent de leur apparence et donc de leurs poils. La société n’affichant aucune image de femme dans son état naturel, beaucoup d’enfants pensent même que les femmes… n’ont pas de poils ! Quel choc quand, à la puberté, notre corps change et que les poils apparaissent. À peine arrivée au collège, combien de filles se jugent « repoussantes » à cause des poils ? Comme personne ne nous a dit que c’était ok de les garder, on va jusqu’à se mettre un coup sur son estime après une période un peu longue de non-épilation ou de non-rasage. Beaucoup se sentent « sales » et négligées.

La société, qui certes est entrain d’évoluer, pousse à faire croire que pour être belle, une femme doit être imberbe. Dès la plus jeune enfance, le genre féminin est construit pour apprendre à supporter tous les sacrifices dans l’espoir de s’embellir.

Aujourd’hui on connait toutes des difficultés face à l’épilation. Entre les dépenses des séances en institut, rasoirs, cire, épilateur électrique, ça peut monter jusqu’à des centaines d’euros pour celles qui optent pour le laser. Et le prix ne compte presque plus comparé à la douleur du poil qu’on arrache, des démangeaisons après le rasoir, des poils incarnés qui s’infectent, des brûlures à cause de la cire.
Faut-il vraiment continuer à souffrir pour être belle ?

L’acceptation de la pilosité féminine

Le « Januhairy » est un challenge internet qui a invité les femmes à ne plus s’épiler pendant un mois. Il a été lancé pour lutter contre le tabou de l’épilation féminine. En réalité, celui-ci a révélé bien plus qu’un simple gain de confiance et de temps.

La charge mentale du travail invisible, d’anticipation et d’organisation réalisée par les femmes, est en réalité alourdie par la norme du fait qu’une femme doit être épilée. Fini la panique de l’été qui arrive, de l’invitation spontanée à une soirée piscine ou même la gêne lors d’un rendez-vous galant si tout n’est pas nickel.

En bref, une femme doit souvent prévoir et anticiper, pour ne pas rapidement se retrouver dans une situation « gênante ». Peut-être pouvons-nous utiliser notre temps et notre énergie à quelque chose de plus essentiel ? Nombreuses sont les stars ou influenceuses qui ont récemment posé bien fièrement avec leurs aisselles au naturel. Comme tout changement, l’acceptation prend du temps, mais le progrès est bien présent !

Chez Réjeanne, nous n’avons pas souhaité rentrer dans des standards. Nous avons choisi de ne pas photoshopper les mannequins qui posent avec nos culottes menstruelles. Montrer l’image d’une femme telle qu’elle est, à savoir belle au naturel, est essentiel afin d’abattre les doctrines qui pèsent sur la féminité. Comprenez donc la pilosité des modèles non retouchée chez Réjeanne.

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